Grille de puits avec passage de tuyau
Un puits équipé d'une pompe ne se ferme pas comme un puits d'agrément : il faut faire sortir un tuyau, souvent un câble, parfois une grosse gaine. Voici comment cela se dessine, et pourquoi cela se décide avant la fabrication et jamais sur le chantier.
Le problème que personne n'anticipe
La séquence est presque toujours la même. Le puits est équipé d'une pompe depuis des années, le tuyau sort par l'orifice ouvert, tout va bien. Un jour, on décide de sécuriser, on commande une grille, et le poseur se retrouve devant un tuyau de vingt-cinq millimètres qui doit traverser un barreaudage à entraxe de neuf centimètres. La solution improvisée est toujours la même : on écarte deux barreaux, ou on en coupe un.
C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire, pour deux raisons. Un barreau coupé crée un jour de quinze à vingt centimètres, c'est-à-dire précisément le passage que tout le barreaudage était censé interdire, et cela au point le plus fréquenté du puits. Et la découpe entame la galvanisation à chaud : le fer nu ainsi exposé se corrode en une saison, à l'endroit le plus humide de l'ouvrage. Une grille pensée pour vingt ans commence alors à se dégrader la première année.
Le passage de tuyau se dessine donc en amont, comme une pièce à part entière de la grille.
L'échancrure passe-tuyau, en pratique
Le principe est celui d'une découpe bordée. Le contour de l'ouverture est ceinturé d'un fer plat cintré, soudé en plein et meulé, qui reprend les efforts et protège le tuyau du contact contre une arête vive. L'ensemble part en galvanisation après usinage, si bien qu'aucune surface nue ne subsiste.
Le dimensionnement obéit à une règle simple : diamètre extérieur du tuyau, plus huit à dix millimètres de jeu, plus la place du câble électrique s'il chemine avec. Pour un tuyau de vingt-cinq millimètres accompagné de son câble, l'ouverture fait couramment quarante-cinq à cinquante millimètres. Il faut mesurer le tuyau lui-même et non le raccord : c'est le tuyau qui traverse en permanence, le raccord ne passe qu'aux dépose et repose, moment où l'on ouvre la trappe.
L'obturation complète le dispositif. Une bavette en caoutchouc fendue, ou un demi-collier démontable en fer, referme le jeu autour du tuyau. Ce n'est pas une question de sécurité, une ouverture de cinquante millimètres ne laisse passer aucune main, mais de propreté : sans obturation, l'échancrure devient l'entrée préférée des feuilles mortes, des lézards et de tout ce qui tombe dans un puits.
La position se choisit sur photo. Face au départ du tuyau, à l'aplomb du cheminement existant, et jamais du côté où l'on se tient pour puiser ni sous une charnière de trappe d'accès.
Pompe de surface ou pompe immergée
Les deux configurations ne demandent pas le même ouvrage, et la confusion coûte cher.
Une pompe de surface reste au sec, à côté du puits ou dans un local ; seul le tuyau d'aspiration plonge, avec sa crépine et son clapet de pied. Le tuyau est fin, il ne bouge presque jamais, et l'échancrure passe-tuyau suffit parfaitement. La dépose annuelle de la crépine, pour nettoyage, se fait par la trappe.
Une pompe immergée vit au fond du puits, suspendue à son tuyau de refoulement et à son câble d'alimentation, avec parfois une corde de sécurité en parallèle. Trois choses traversent donc, et surtout l'ensemble doit pouvoir être remonté entièrement : une pompe immergée se sort tous les cinq à dix ans, et le corps fait dix à quinze centimètres de diamètre. Une échancrure de cinquante millimètres ne la laissera jamais passer. Il faut donc combiner l'échancrure pour le cheminement permanent et une ouverture suffisante pour la dépose, ce qui pointe vers la grille verrouillable à portillon, ou vers la grille ouvrante à deux vantaux quand la pompe est volumineuse.
Câbles, gaines et puits provençal
Le passage d'un câble électrique seul, pour une pompe immergée ou un éclairage de niveau, se traite comme un tuyau fin : échancrure de vingt à vingt-cinq millimètres avec passe-fil. Il faut simplement veiller à ce que le câble ne repose jamais directement sur le fer, même galvanisé, et prévoir une boucle d'égouttage sous la grille pour que l'eau de condensation ne descende pas le long de la gaine jusqu'au connecteur.
Les grosses gaines changent d'échelle. Un puits reconverti en entrée d'air de puits provençal, ou utilisé comme regard technique pour une pompe à chaleur, voit passer des gaines de cent soixante à deux cents millimètres, définitivement en place. Une échancrure de cette taille affaiblirait la grille et laisserait un jour incompatible avec la sécurité. On dessine alors un secteur amovible boulonné : une portion de la grille, cadrée et fixée par boulons inox, qui se dépose sans toucher au reste de l'ouvrage et permet d'intervenir sur la gaine. C'est plus cher, mais c'est le seul montage qui reste sûr et démontable.
Ce qu'il faut envoyer pour chiffrer
- Une photo du puits ouvert montrant le cheminement actuel du tuyau ou de la gaine ;
- Le diamètre extérieur du tuyau et, séparément, celui du câble ;
- Le type de pompe : de surface, immergée, et dans ce cas le diamètre du corps ;
- Les cotes du puits, relevées selon la méthode de la page dimensions.
L'échancrure passe-tuyau est une option de fabrication, pas un supplément de catalogue : elle se chiffre au cas par cas selon le nombre de passages et le type d'obturation. Les fourchettes générales des grilles figurent sur la page prix, et le choix du modèle porteur sur la page modèles.
Passage de tuyau : vos questions
Comment passer un tuyau de pompe à travers une grille de puits ?
Quel diamètre prévoir pour l'échancrure ?
Une échancrure compromet-elle la sécurité de la grille ?
Et pour un puits provençal ou une pompe à chaleur ?
Une pompe sur votre puits ? dites-le avant la fabrication
Photo du cheminement actuel et diamètre du tuyau : l'échancrure est dessinée avec la grille, jamais découpée après coup.
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